La chanson française vient de perdre l'une de ses plumes les plus libres. Marie-Paule Belle, la voix malicieuse de « La Parisienne », s'est éteinte le samedi 25 juillet 2026 à Neuilly-sur-Seine, à 80 ans. Chanteuse, compositrice et pianiste, elle laisse derrière elle plus de quatre cents chansons et un demi-siècle de scène. De quoi est-elle morte ? Qui était vraiment cette artiste que même l'Élysée a saluée ? On fait le point.
De quoi est morte Marie-Paule Belle ?
Marie-Paule Belle s'est éteinte des suites d'une longue maladie, selon ses proches et les rédactions qui ont annoncé sa disparition. Derrière la formule pudique, il y a un cancer contre lequel elle se battait depuis plusieurs années, et dont elle n'a jamais fait mystère.
Elle en parlait sans détour, jusque sur scène. En 2024, elle avait écrit un poème bouleversant, KO !, qu'elle déclamait à la fin de ses récitals pour, disait-elle, « repousser le crabe ». Plusieurs médias évoquent un cancer du sein en récidive ; son entourage, lui, n'a communiqué aucun détail médical précis. Par respect, on s'en tiendra à l'essentiel : elle est morte d'un cancer, à Neuilly-sur-Seine, à 80 ans.
Ce qui frappe, c'est sa pugnacité. Fin mai 2026, deux mois à peine avant sa mort, elle remontait encore sur les planches du Théâtre de Passy, à Paris, pour une série de quinze dates. La maladie ne lui avait pas volé la scène.
« La Parisienne », le tube qui a tout changé
Si un titre a fait entrer Marie-Paule Belle dans la mémoire collective, c'est La Parisienne. Sortie en 1976 sur l'album Celui (Polydor), la chanson lui vaut un disque d'or dès l'année suivante.
Le texte est signé par deux complices : l'écrivaine Françoise Mallet-Joris, sa parolière attitrée et compagne de ces années-là, et le journaliste Michel Grisolia. Marie-Paule Belle, elle, compose la musique et la joue au piano. L'idée serait née lors d'un réveillon de Noël chez Mallet-Joris, où chaque invité devait apporter sa touche.
Le portrait, tendre et moqueur, d'une provinciale rêvant de « faire » parisienne a parlé à la France entière. Ironie de l'histoire : l'interprète, elle, ne l'était pas. Et elle s'en amusait.
« Elle n'était pas parisienne et s'en trouvait gênée. Par son esprit pourtant, son élégance, son indépendance et cette manière unique de faire pétiller les mots au rythme du piano, elle l'était devenue plus que personne. »
Ces mots sont ceux de l'Élysée, dans le communiqué publié le 26 juillet 2026 pour saluer sa mémoire, un hommage de l'Élysée à une grande dame de la chanson française.
Qui était Marie-Paule Belle ?
Née le 25 janvier 1946 à Pont-Sainte-Maxence, dans l'Oise, elle grandit à Nice, où sa mère musicienne lui met un piano puis une guitare entre les mains dès la petite enfance. Après un master de psychologie, elle monte à Paris et fait ses classes dans les cabarets de la rive gauche : L'Échelle de Jacob, L'Écluse, celui-là même où s'était fait connaître Barbara.
Révélée en 1969 par un concours télévisé de Radio Monte-Carlo, elle grave son premier 33-tours en 1973 et décroche aussitôt le prix de l'Académie Charles-Cros. Suivront environ vingt-cinq albums et des centaines de chansons, jouées de l'Olympia au Théâtre des Variétés en passant par les Francofolies.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Nom | Marie-Paule Belle |
| Naissance | 25 janvier 1946, Pont-Sainte-Maxence (Oise) |
| Décès | 25 juillet 2026, Neuilly-sur-Seine (80 ans) |
| Métiers | Chanteuse, compositrice, pianiste |
| Grand tube | « La Parisienne » (1976), disque d'or |
| Œuvre | Environ 25 albums, plus de 400 chansons |
| Distinctions | Chevalier de l'Ordre national du Mérite (1988), Commandeur des Arts et des Lettres (2022) |
Ses chansons, bien au-delà de « La Parisienne »
La réduire à un seul tube serait injuste. Son répertoire, drôle et grave à la fois, regorge de titres que ses fidèles connaissent par cœur :
- Wolfgang et moi, sa déclaration d'amour à Mozart ;
- La Petite Écriture grise, tout en délicatesse ;
- Nosferatu, clin d'œil gothique et théâtral ;
- Les Petits Patelins et L'Amour dans les volubilis ;
- Quand nous serons amis.
Un univers à part, à l'écart des modes mais fidèlement suivi par son public. Fantaisie, humour piquant mais jamais méchant, et cette liberté de ton qu'elle partageait avec son amie Barbara, dont elle reprenait volontiers les chansons.
Un été 2026 en deuil pour la chanson
Sa disparition endeuille un peu plus une saison déjà marquée par les adieux. Quelques semaines plus tôt, la scène française pleurait la chanteuse Guesch Patti, partie elle aussi à 80 ans. Côté variété internationale, on saluait la voix de Bonnie Tyler. Et le monde des médias venait tout juste de dire au revoir au journaliste Jean-Marc Sylvestre.
Marie-Paule Belle, elle, rejoint ce panthéon avec le sourire en coin qui la caractérisait. Elle qui chantait la vie, l'amour et l'ironie douce laisse un vide, et un catalogue immense où l'on est retourné piocher tout le week-end.
Sources : communiqué de l'Élysée, RTBF et INA.