Le polar perd l'un de ses conteurs les plus lus. L'Écossais Peter May, auteur de « L'Île des chasseurs d'oiseaux » et Lotois d'adoption, est mort vendredi 25 septembre 2026 à 74 ans, dans sa maison du sud de la France. Son éditeur français parle d'un décès « aussi soudain qu'inattendu » : il venait de rendre un dernier roman et préparait sa tournée d'adieu.

Mort de Peter May : ce que l'on sait

La nouvelle est tombée lundi 28 septembre, trois jours après les faits. C'est son épouse, la scénariste et romancière Janice Hally, qui l'a annoncée sur la page Facebook de l'écrivain, en expliquant ne pas trouver les mots pour dire cette perte. Elle a joint à son message l'hommage de Jon Riley, l'éditeur britannique et ami de longue date du romancier. Selon ce texte, Peter May est mort dans la nuit de vendredi, chez lui, dans le sud de la France.

En France, ce sont les éditions du Rouergue, sa maison depuis plus de vingt ans, qui ont prévenu l'AFP. Leur communiqué donne le ton :

« C'est avec une très grande peine que nous devons faire part du décès, aussi soudain qu'inattendu, du merveilleux Peter May, que nous avons eu tant de chance et de joie à publier, et qui était devenu notre ami. »

De quoi est mort Peter May ?

Ni la famille ni les éditeurs n'ont précisé la cause du décès dans leurs annonces. Le Rouergue parle seulement d'un décès « aussi soudain qu'inattendu ». Seul Télérama avance une explication : l'écrivain aurait été emporté par un infarctus. L'information n'a pas été confirmée officiellement à ce stade.

Peter May en brefRepères
Naissance20 décembre 1951, à Glasgow (Écosse)
Décès25 septembre 2026, à 74 ans, dans le sud de la France
Nationalité françaiseObtenue en 2016
Port d'attacheLe Lot, à Saint-Michel-Loubéjou selon Medialot
ŒuvreUne trentaine de romans, environ 15 millions d'exemplaires vendus selon son éditeur britannique
Livre phare« L'Île des chasseurs d'oiseaux », 3 millions d'exemplaires
FamilleSon épouse Janice Hally et sa fille Carol

Du journalisme aux mille épisodes de télévision

Avant les best-sellers, il y a eu la presse. Né à Glasgow, Peter May débute comme journaliste, puis passe à la télévision, où il crée deux séries pour la BBC. Pendant une quinzaine d'années, il écrit et produit pour le petit écran, notamment le feuilleton « Take the High Road » puis « Machair », une série en gaélique tournée sur l'île de Lewis, qu'il a créée avec Janice Hally. Au compteur : plus de mille épisodes, d'après ActuaLitté.

C'est sur ce tournage, raconte Jon Riley, qu'il tombe amoureux des Hébrides. Il quitte la télévision en 1996 pour se consacrer aux romans. Viennent d'abord « Meurtres à Pékin » et sa série chinoise, puis les enquêtes d'Enzo Macleod, installées en France.

« L'Île des chasseurs d'oiseaux », le polar refusé par les éditeurs britanniques

L'histoire a de quoi faire sourire les éditeurs français. Le manuscrit de « The Blackhouse », son polar situé sur l'île de Lewis, est refusé par les maisons britanniques. Le Rouergue, lui, dit oui. Le roman paraît donc d'abord en français, en 2009, sous le titre « L'Île des chasseurs d'oiseaux », rappelle The Connexion. La version anglaise n'arrive qu'en 2011, et le succès devient mondial.

La suite s'écrit avec le même héros, Fin Macleod :

  • « L'Île des chasseurs d'oiseaux » (2009), prix Cezam 2011 ;
  • « L'Homme de Lewis » (2011) ;
  • « Le Braconnier du lac perdu » (2012) ;
  • « Loch noir » (2025), couronné par le Grand Prix de littérature policière 2025 dans la catégorie roman étranger.

Ses derniers livres, comme « Les Disparus du phare » ou « Tempête sur Kinlochleven », laissaient aussi voir son inquiétude pour l'avenir de la planète.

Le plus lotois des Écossais

Entre Peter May et le Sud-Ouest, l'histoire durait depuis longtemps. D'après Medialot, il avait découvert le Lot il y a plus de quarante ans, y avait d'abord passé ses vacances, puis eu une résidence secondaire à Carennac avant de s'établir à Saint-Michel-Loubéjou. En 2016, il avait obtenu la nationalité française.

Le département lui a servi de décor. Cahors est la ville d'Enzo Macleod, le héros de sa série française. Au média local, il avait confié : « Tous les villages du Lot sont beaux. Mais j'ai une préférence particulière pour la ville de Cahors où j'ai passé mon premier séjour dans le Lot. »

Un dernier roman attendu en janvier 2027

Peter May avait annoncé sa retraite, qu'il comptait partager avec sa femme. Il s'était pourtant trouvé un dernier livre à écrire : « Island of the Dead », remis à ses éditeurs cet été. Selon Jon Riley, sa parution est prévue en janvier 2027, et l'écrivain préparait une tournée d'adieu en Écosse et sur l'île de Lewis au moment de la sortie. Le roman paraîtra donc à titre posthume.

Les hommages, de l'Écosse au Rouergue

Jon Riley décrit un auteur irremplaçable, aimé de ses lecteurs autant qu'admiré, et salue sa gentillesse et sa générosité. Le Premier ministre écossais John Swinney a dit sa tristesse et rappelé combien il avait aimé ses romans situés dans les Hébrides. Le festival de polar Bloody Scotland a évoqué un écrivain formidable et une présence généreuse au fil des éditions.

Côté français, le Rouergue garde le souvenir d'un « homme immensément créatif », « à la sensibilité à fleur de peau, profondément empathique, attentionné, d'une infinie gentillesse ».

Pour les lecteurs de Peter May, il reste une trentaine de romans à relire, et un dernier voyage vers les îles, cet hiver.

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